2013 Anniversaire de la naissance de Guiseppe Verdi

200ème Anniversaire de la naissance de Guiseppe VerdiGuiseppe Verdi

Guiseppe Verdi est né le 10 octobre 1813 aux Roncole, un hameau de la commune de Busseto, entre Parme et Plaissance.

1823: A l'âge de 10 ans, Verdi est envoyé  à Bussetto parfaire son éducation avec le compositeur Ferdinando Proversi.

1825: A l'âge de 12 ans, il succéde à Baistrocchi au poste d'organiste du village.

1832: A l'âge de 19 ans, il arrive à Milan mais se voit refuser l'entrée au conservatoire car trop âgé.

Grâce au mécénat d'A. Barezzi, dont il épousera la fille en 1836, il travaille avec Vincenzo Lavigna, claveciniste de la Scala.

En 1836, il obtient le poste de maître de musique de Busseto.

Il débute en 1839 à la Scala de Milan par un succès: Oberto, conte di San Bonifaco. Ce fut un succès mais de courte durée. Il echoue l'année suivante avec un premier ouvrage bouffe: Un Giorno di Regno.

En 1842, Nabucco lui vaut une réputation nationale.

Durant les "années de galère" une longue serie d'ouvrages (1844 Ernani, 1847 Macbeth, 1849 Luisa Miller) établit sa gloire en Italie.

La trilogie populaire de 1851-1853 (Le Trouvère, La Traviata, Rigoletto) consacre sa réputation internationale.

Il triomphe à Paris en 1855 avec Les Vêpres Siciliennes et 1867 avec Don Carlos. A Saint-Pétersbourg en 1862 avec La Force du Destin. Au Caire en 1871 avec Aïda...

Les chefs d'oeuvres seront désormais longuement mûris: 1887 Otello, 1893 Falstaff témoignent d'un boulversement étonnant.

En 1897, Les magnifiques Quatro Pezzi Sacri consacrent 50 années de création.

Il décède le 27 Janvier 1901 à Milan.

Ses oeuvres

28 Opéras

1839-1843: 4 Opéras en 5 ans

  1. 1839: Oberto, Conte di San Bonifacio (Oberto, comte de Saint-Boniface) Opéra en 2 actes
  2. 1840: Un giorno di regno, o Il finto Stanislao (Un jour le règne ou Le Faux Stanislas) Opéra en 2 actes
  3. 1842: Nabucco Opéra en 4 actes
  4. 1843: I Lombardi alla prima crociata (Les Lombards à la première croisade) Opéra en 4 actes

1844-1849: Les années galères - 10 Opéras en 6 ans

  1. 1844: Ernani (Hernani) Opéra en 4 actes
  2. 1844: I due Foscari (Les deux Foscari) Opéra en 3 actes
  3. 1845: Giovanna d'Arco (Jeanne d'Arc) Opéra en 3 actes
  4. 1845: Alzira (Alzire) Opéra en 2 actes
  5. 1846: Attila Opéra en 3 actes
  6. 1847: Macbeth Opéra en 4 actes
  7. 1847: I Masnadieri (Les brigands) Opéra en 4 actes
  8. 1847: Jérusalem (remaniement des Lombardi)
  9. 1848: Il Corsaro (Le Corsaire) Opéra en 3 actes
  10. 1849: La Battaglia di Legnano (La bataille de Legnano) Opéra en 4 actes

1849-1858: 8 Opéras en 10 ans

  1. 1849: Luisa Miller Opéra en 3 actes
  2. 1850: Stiffelio Opéra en 3 actes
  3. 1851: Rigoletto Opéra en 3 actes
  4. 1853: Il trovatore (Le trouvère) Opéra en 4 actes
  5. 1853: La Traviata Opéra en 3 actes
  6. 1855: I Vespri SicilianiLes vêpres siciliennes Opéra en 5 actes
  7. 1857: Simon Boccanegra Opéra en 3 actes
  8. 1857: Aroldo (Harold) Opéra en 4 actes

1859-1872: 4 opéras en 14 ans

  1. 1859: Un ballo in maschera (Un bal masqué) Opéra en 3 actes
  2. 1862: La forza del destino (La force du destin) Opéra en 4 actes
  3. 1867: Don Carlos Opéra en 5 actes1867: Aïda Opéra en 4 acte
  4. 1871: Aïda Opéra en  actes

1873-1893: La collaboration avec Arrigo Boito - 2 Opéras en 21 ans

  1. 1887: Otello (Othello) Opéra en 4 acte
  2. 1893: Falstaff Opéra en 3 actes

Oberto, Conte di San Bonifacio (Oberto, comte de Saint-Boniface)

- Opéra en 2 actes

- Livret d'Antonio Piazza et Temistocke Solera

Durant l'année 1836, Verdi écrit ce premier opéra.

Après plusieurs remaniements, il dut attendre 3 ans pour le voir jouer à la Scala de Milan. Le succès de cette oeuvre lui permit de recevoir un contrat pour 3 opéras de Merelli, imprésario de la Sacla et du théâtre de Vienne, pour écrire 3 nouveaux opéras.

Personnages

  • RICCARDO (comte de Salinguerra) - Ténor
  • CUNIZA (sœur d'Ezzelino da Romano) - Contre-alto
  • LEONORA (fille d'Oberto) - Soprano
  • OBERTO (comte de San Bonifacio) - Basse
  • IMELDA (confidente de Cuniza) - Mezzo-Soprano

Histoire

C'est une histoire d'amour en style troubadour avec des rivalités de seigneurs féodaux.
L’action se situe en 1228 à Bassano (Vénétie) au château du Gibelin Ezzelino "Le petit Attila". 
Oberto a perdu une bataille décisive face à Ezzelino et s’est réfugié à Mantoue.
Sa fille, Leonora, restée à Vérone, est demandée en mariage par Ricardo, partisan d’Ezzelino.
Leonora séduite s'offre à Riccardo avant le mariage que celui-ci lui a promis.
Mais le jeune homme va épouser Cuzina, sœur d’Ezzelino et laisser tomber Leonora.
Oberto revient alors pour rétablir l'honneur perdu de sa fille. Dans le duel avec Riccardo il perdit la vie.

Dans la section lente qui ouvre le quatuor au deuxième acte, par exemple la ligne mélodique est émaillée d’appoggiatures dissonantes ou de notes étrangères sur chaque temps fort de la mesure, pour souligner l’intensité des passions.
Verdi se sert de moyens similaires dans le finale du premier acte pour exprimer combien la trahison de Riccardo est scandaleuse, avant de laisser cet ensemble culminer (comme le trio du premier acte) dans un unisson fortissimo de toutes les voix.
Plus importants encore que le travail de détail sur la mélodie, il convient de signaler deux autres aspects de ce premier opéra.
Il s’agit, d’une part, du rythme très soutenu, presque effréné, auquel progresse l’action. Les interventions des personnages principaux sont d’une telle intensité que même le public le plus distrait ne peut se soustraire à leur spectacle. Quand Leonora évoque son "serment" (la promesse de mariage), Verdi lui laisse chanter les mots décisifs dans le silence, sans le moindre accompagnement d’orchestre, tandis qu’un saut disgracieux vers l’octave aiguë illustre la rage de cette prima donna trahie.

Acte I

À la veille de ses noces, Riccardo croit voir tous ses désirs comblés, mais Leonora, qui l’aime encore, l’a suivi en cachette.
Non loin du château de Cuniza, elle rencontre son père qui, au péril de sa vie, est revenu en secret dans son pays pour venger l’honneur perdu de sa fille.
Oberto fait à Leonora d’amers reproches et ils décident ensemble de démasquer le traître.
Cuniza est assaillie de sombres pressentiments que même les serments d’amour répétés de Riccardo ne parviennent pas à chasser.
Une fois celui-ci parti, sa dame de compagnie Imelda fait entrer Leonora.
Avec Oberto, qui s’est introduit discrètement au château, Leonora révèle à Cuniza l’infidélité de son Riccardo.
Cuniza refuse tout d’abord de la croire, mais la réaction de Riccardo, lorsqu’il est confronté à Leonora et Oberto en présence des invités au mariage, finit par la convaincre. 
 
Acte II 

Cuniza décide de renoncer à Riccardo pour qu’il retourne auprès de Leonora.
Pendant ce temps, dans un lieu solitaire, Oberto attend Riccardo qu’il a provoqué en duel.
Même la promesse d’être gracié, que Cuniza a réussi à obtenir de son frère, ne peut lui faire oublier sa vengeance.
Il invective Riccardo jusqu’à ce que celui-ci, hors de lui, tire l’épée.
À ce moment entrent Cuniza et Leonora, qui s’interposent.
Sollicité par Cuniza, Riccardo accepte d’épouser Leonora.
Oberto exige malgré tout un duel et, sans se faire remarquer par les femmes, les deux hommes s’éclipsent dans un bosquet.
Oberto est blessé à mort. Accablé par le remords, Riccardo s’enfuit à l’étranger.
Cuniza tente de consoler Leonora qui s’accuse de la mort de son père.
Un cloître lui servira d’ultime refuge.

(source tuttoverdi)


Un giorno di regno, o Il finto Stanislao (Un jour le règne ou Le Faux Stanislas)

- Opéra bouffe en 2 actes

- Livret de Felice Romani tiré de la pièce d'Alexandre Duval, le Faux Stanislas

Personnages

  • Le chevalier BELFIORE - Baryton
  • Le baron KELBAR - Basse
  • La marquise Del POGGIO - Soprano
  • GIULIETTA KELBAR - Mezzo-soprano
  • EDOARDO De SANVAL - Ténor
  • LA ROCCA -Basse
  • Le comte IVREA - Ténor
  • DELMONTE - Ténor

Au début de 1840, Merelli (imprésario de la Scala et du théâtre de Vienne) lui commande un opéra bouffe dont il a absolument besoin dans son répertoire. Mais, alors que Verdi se met au travail, après une sérieuse maladie, il perd sa jeune femme, Marguerita Baressi, enlevée par une méningite . Ses deux bébés qu'elle avait mis au monde étaient morts à un an, vraisemblablement contaminés par leur mère.
Brisé de douleur, Verdi est tenu de faire face à ses obligations et de mettre en musique les quiproquos, les facéties d'un livret intitulé Un Giono di Regno. Ecrite dans de telles conditions, cette oeuvre ne pouvait être que médiocre, avec des bouche-trous hâtivement imités de Rossini. Elle ne fut jouée qu'une seule et unique fois. L'echec fut tel que Verdi songea à abandonner la composition.

L’action de « Giorno di Regno » se passe en août 1733, au moment où Leszcynski est sur le point de réussir son retour sur le trône de Pologne.
Le Chevalier Belfiore se fait passer pour le roi et loge au château du baron de Kelbar, dans les environs de Brest.
Il profite de son statut du jour pour empêcher deux mariages : l’un forcé entre le Trésorier et Giuletta, elle même éprise d’Edoardo, l’autre entre la Marquise Del Poggio qu’il aime (mais qui pense qu’il la trompe) et le Comte Ivrea.
Les rebondissements de l’intrigue, et la nécessité d’improviser en permanence, amènent le faux roi dans une situation inextricable dont seule l’annonce de l’arrivée de Leszcynski sur le trône polonais peut le libérer. (source Fomalhaut)
 

Peu de compositeurs devenus plus tard célèbres ont connu un échec aussi cuisant que Verdi avec sa seconde oeuvre pour la scène
"Un giorno di regno" créée à la Scala de Milan le 5 septembre 1840.
L’opéra fut retiré de l’affiche le soir même de la première.
Après le succès d’Oberto en 1839, le jeune compositeur s’était vu proposer un contrat pour trois autres opéras à Milan,
dont le premier devait être un opéra comique.
Une nouvelle mise en musique d’un livret sur lequel Adalbert Gyrowetz avait déjà composé quelques années plus tôt l’opéra "Il finto Stanislao"
créé dans ce même théâtre de la Scala en 1818.
Contrairement à ce qui est souvent affirmé, l’opéra comique n’avait pas entièrement disparu des scènes italiennes à cette époque,
mais il s’était beaucoup éloigné de l’opéra tragique alors à la mode.
Verdi a eu du mal à s’inscrire dans la voie comique tracée par ses prédécesseurs.
Certaines longues cantilènes à la Donizetti par exemple, dans la section lente du sextuor au premier acte, ne manquent certes pas de charme,
mais Verdi, qui n’a encore que vingt-six ans, a toujours recours à de puissants unissons quand il s’agit de souligner les sommets dramatiques,
comme à la fin du trio du premier acte.

Acte I

L’action se déroule en 1733, pendant la guerre de Succession de Pologne, dans le château du baron Kelbar aux environs de Brest.
Le chevalier Belfiore se fait passer pour le roi Stanislas de Pologne afin que celui-ci, gardant l’anonymat, puisse retourner au pays défendre son trône.
Le baron se prépare à fêter un double mariage.
Sa fille, Giulietta, doit épouser le trésorier des états de Bretagne (le vieux et riche LaRocca) alors qu’en réalité elle aime Edoardo (le neveu de La Rocca) qui l'aime également.
De son côté, la nièce du baron (la marquise del Poggio) étant veuve, s’apprête à épouser le comte Ivrea car elle croit que Belfiore, auquel elle était fiancée, l’avait abandonnée.
Mais Belfiore l’aime toujours. Il adresse à la cour de Pologne une lettre dans laquelle il supplie Stanislas de le dispenser de sa mission pour qu’il puisse empêcher ce mariage.
En attendant, il s’arrange pour lancer le baron et La Rocca dans une discussion sur des thèmes militaires dont Edoardo profite pour aller retrouver Giulietta.
La marquise, qui a reconnu Belfiore, est déconcertée par son apparente indifférence.
Pour venir en aide à Edoardo et Giulietta, Belfiore offre à La Rocca la main d’une riche princesse polonaise.
Trop heureux d’accepter, le trésorier renonce à Giulietta, provoquant une colère terrible du baron qui menace de le tuer.
Seule l’autorité du prétendu roi Stanislas parvient à calmer la situation.

Acte II

Le faux Stanislas ordonne au trésorier de céder une part de sa fortune à Edouardo pour que celui-ci épouse Giulietta à sa place, mais le baron ne trouve pas l’arrangement à son gré et les menace de violence.
Au cours d’un entretien privé avec Belfiore, la marquise tente de le faire sortir de sa réserve, mais il persiste à jouer son rôle, si bien qu’elle déclare son intention d’épouser le comte Ivrea dans une heure si son ancien fiancé ne s’est pas présenté entre-temps.
Belfiore fait tout ce qui est en son pouvoir pour retarder le mariage, et c’est seulement à la dernière minute qu’un messager de Varsovie arrive pour annoncer le couronnement de Stanislas.
À son grand soulagement, Belfiore peut reprendre sa véritable identité et demander la main de la marquise.
Edoardo et Giulietta sont réunis, et le double mariage peut finalement avoir lieu. (source tuttiverdi)


Nabucco

Opéra en 4 actes

Livret: Nabuchodonosor de Temistocle Solera

Nabucco est d'une construction simple. Verdi se modèle sur l'opéra de Donizetti, sur celui d'Auber et sur l'opéra-oratorio à la façon du Moïse de Rossini. De l'ensemble, on retient surtout les choeurs qui firent le triomphe de l'oeuvre. Ils sont la voix du peuple juif réduit en esclavage par Nabuchodonosor, l'orgueilleux roi de Babylone.

La première de Nabucco est un véritable succès.C'est pourquoi Merelli lui accorde un cachet faramineux pour composer l'opéra inaugural de la saison suivant.

Personnages

  • NABUCHODONOSOR, roi de Babylone.
  • ISMAÊL, neveu de Sedecias, roi de Jérusalem.
  • ZACHARIE, Grand-Prêtre des hébreux.
  • ABIGAIL, esclave, fille aînée présumée de NABUCCO.
  • PHENENA, fille de Nabuccho.
  • ABDALLO, vieil officier de NABUCCO
  • ANNA, soeur de Zaccaria.

L’action se déroule à Jerusalem dans le 1° partie, à Babylone pour les autres

PREMIERE PARTIE : Jérusalem

Scène 1

(L'intérieur du temple de Salomon entrent des Juifs, des Lévites et des vierges juives.)
TOUS
Que les ornements sacrés tombent brisés,
Que le peuple de Juda prenne le deuil!
Ministre de la colère de Dieu méprisé,
Le Roi d'Assyrie fond désormais sur nous!
L'atroce hurlement des hordes barbares a résonné dans le saint temple de Dieu!
LES LEVITES
Déchirez vos blancs voiles, jeunes filles, levez en gémissant vos bras suppliants;
La fervente prière de lèvres innocentes monte vers le Seigneur comme un agréable parfum!
Priez, jeunes filles!... Grâce à vous, que la fureur de la cruelle armée ennemie soit vaine!
LES VIERGES
Grand Dieu, qui voles sur les ailes du vent,
Qui fait sortir la foudre des nuages frémissants, disperse, détruis les troupes assyriennes,
Que la fille de David retrouve l'allégresse.
Nous avons péché!... Mais que nos prières au ciel obtiennent la miséricorde et le pardon de la faute!
TOUS
Hélas! que le méchant ne crie plus cet insolent blasphème:
Le Dieu d'Israël se cache-t-il parce qu'il a peur?
Ne laisse pas tes fils devenir la proie d'un insensé qui méprise le pouvoir éternel!
Ne laisse pas s'asseoir sur le trône de David cet étranger assyrien, parmi ses sottes idoles!

Scène 2

ZACHARIE
Reprenez espoir, mes enfants! Dieu a donné un signe de sa puissance:
Il a placé en mon pouvoir un précieux otage (montrant Phenena) la fille du Roi ennemi peut nous apporter la paix.
TOUS
Peut-être est-ce le soleil d'un heureux jour qui pointe pour nous!
ZACHARIE
Modérez vos craintes! Je vous promets l'aide éternelle de Dieu;
Là-bas sur les rives d'Egypte, il a donné la vie à Moïse;
Un jour, il a rendu invincibles les cent guerriers de Gédéon...
Qui a jamais péri lorsqu'il s'est fié à lui dans les instants suprêmes?
LES HÉBREUX
Peut-être est-ce le soleil d'un heureux jour...
ZACHARIE
Modérez vos craintes!
LES HÉBREUX
Peut-être est-ce le soleil d'un heureux jour...
ZACHARIE
Je vous promets l'aide éternelle de Dieu!
LES HÉBREUX
Qui point pour nous!
ZACHARIE
Qui a jamais péri lorsqu'il s'est fié à lui dans les instants suprêmes?
LES HÉBREUX
Qui point pour nous!
TOUS
Quel est ce bruit?

Scène 3

(Ismaël surgit accompagné de quelques guerriers juifs.)
ISMAÊL
Furieux, le Roi d'Assyrie s'avance;
Il semble vouloir défier le monde entier dans son orgueilleuse audace!
TOUS
Que notre vie d'abord...
ZACHARIE
Le ciel peut-être mettra fin à l'audace de ce méchant.
Cet étranger ne se reposera pas sur les ruines de Sion.
(Il confie Phenena à Ismaël.)
C'est la plus noble des Assyriennes que je te confie là!
TOUS
Pitié, mon Dieu!
ZACHARIE
Comme la nuit devant le soleil resplendissant,
Comme la poussière livrée au vent,
Tu disparaîtras dans cette grande épreuve, Dieu de Baal, dieu mensonger.
Toi, puissant Dieu d'Abraham, descends combattre à nos côtés...
ZACHARIE et LES HÉBREUX
Allume dans le sein de tes serviteurs un souffle qui anéantisse...
ZACHARIE
les étrangers.
Allume dans le sein.
LES HÉBREUX
Comme la nuit devant le soleil resplendissant,
ZACHARIE
Comme la nuit devant le soleil resplendissant,
(Tout le monde sort, sauf Phenena et Ismaël.)

Scène 4

ISMAÊL
Phenena!... O ma bien-aimée!
PHENENA
Qui a jamais parlé d'amour au jour de la vengeance?
ISMAÊL
Malheureuse! Ah! qu'à mes yeux tu parais plus belle encore que lorsque je vins à Babylone en qualité d'ambassadeur
De Juda. Tu me tiras de ma prison, au mépris de tout danger,
Sans redouter la jalouse et cruelle vigilance de ta soeur qui me poursuivait d'un amour enragé!
PHENENA
Hélas! Qu'évoques-tu là! Me voici désormais esclave!
ISMAÊL
Mais je veux t'ouvrir le chemin de la liberté!
PHENENA
Malheureux! Voudrais-tu donc manquer à ton devoir sacré?
ISMAÊL
Viens!.. N'as-tu pas, toi, manqué au tien pour moi... Viens!
Ma poitrine t'ouvrira un chemin parmi des multitudes.

Scène 5

(Alors qu'Ismaël est sur le point d'ouvrir une porte secrète, Abigaïl entre, une épée à la main, suivie de quelques guerriers
babyloniens déguisés en Juifs.)

ABIGAIL
Soldats, le temple est pris!
PHENENA et ISMAÊL
Abigaïlle!
ABIGAIL (à Ismaël avec un sourire amer)
Vaillant guerrier! Ne connais-tu donc que les armes de l'amour?
(à Phenena)
Dans le coeur d'une Assyrienne une telle flamme me semble infidele!
Quel dieu vous sauvera? La tombe sera votre lit de noces...
La foudre de ma vengeance est déjà suspendue sur vos têtes.
(tout bas à Ismaël)
Je t'aimais!... Mon royaume, mon coeur! je les aurais donnés contre ton coeur!
Mon amour est plein de violence, il a sur toi puissance de vie ou de mort.
Ah! si tu m'aimais, je pourrais encore sauver ton peuple!
ISMAÊL
Non!... Je t'abandonne ma vie, mais je ne saurais t'abandonner mon coeur;
Je suis heureux de mon sort et je ne tremble pas pour moi.
ABIGAIL
Je t'aimais! Mon amour est plein de violence. Je t'aimais!
PHENENA
Ah, désormais, je t'invoque
Et je t'entends, Dieu vrai d'Israël:
Dans cette cruelle épreuve, puisse ma prière t'émouvoir, mais non pas en ma faveur.
ISMAÊL
Que mes pleurs puissent te parler uniquement en faveur de mon peuple!
ABIGAIL
Ah! Si tu m'aimais, je pourrais encore sauver ton peuple!
PHENENA
Ne protège que mon frère et condamne-moi aux larmes!
ISMAÊL
Que mes pleurs puissent te parler!

Scène 6

(Des Juives, Anna, sceur de Zacharie, des vieux et des Lévites se précipitent sur la scène.)
LES FEMMES
L'avez-vous vu? Comme un éclair il se précipite au plus serré.
LES VIEUX
Brandissant son épée ensanglantée, il va arriver jusqu'ici!
LES LÉVITES
C'est en vain que les guerriers font de leur poitrine un bouclier au temple sacré!
LES FEMMES
Nos prières et nos pleurs sont maudits par l'Éternel!
TOUS
Ah! bienheureux ceux qui sont morts!
Ah! bienheureux ceux qui sont morts avant d'avoir vu ce jour!
(Entrent des guerriers juifs, désarmés.)
LES SOLDATS
Voici le Roi! Sur son destrier, il se dirige vers le temple,
Comme une noire tornade qui amène partout la ruine.
ZACHARIE (entrant précipitamment)
Ah! quelle audace! Il ne descend pas de son terrible coursier!
TOUS
Hélas, quelle infortune!
Qui défendra Désormais le temple du Seigneur?
Hélas, quelle infortune!
ABIGAIL (s'avançant avec ses guerriers)
Vive Nabuchodonosor!
VOIX (à l’extérieur)
Viva
ZACHARIE
Qui a ouvert la voie à ces impies?
ISMAÊL (montrant les Babyloniens déguisés)
Des habits trompeurs!
ABIGAIL
Tout orgueil est vain... Le Roi s'avance!

Scène 7

(Des soldats babyloniens font irruption dans le temple et se répandent sur toute la scène.
Nabuchodonosor se montre à cheval au seuil du temple mais Zacharie lui barre la route)

ZACHARIE
Que veux-tu faire? Ah! tremble, insensé! cette maison est celle de Dieu!
NABUCHODONOSOR
Que dis-tu de Dieu?
ZACHARIE (saisissant Phenena et levant sur elle son poignard)
Avant de te laisser profaner le temple, ce poignard causera le trépas de ta fille!
NABUCHODONOSOR
Dissimulons, et ma colère éclatera plus forte encore.
Que ces insensés redoutent ma fureur... Désormais, ils en seront tous victimes!
Et l'infâme Sion baignera dans une mer de sang, au son des pleurs et des lamentations!
PHENENA
Père, pitié,
Me voici, à cause de toi, au seuil de la mort...
ANNA, ISMAË, ZACCHARIE, LES HÉBREUX et LES LÉVITES
Toi qui règnes en maître sur le coeur des rois, ô grand Dieu, viens-nous en aide!
ABIGAIL
Tu appaises la violence de ma fureur, nouvel espoir qui luit à mes yeux;
Celle qui me dispute mon seul trésor va peut-être tomber victime de leur vengeance!
ANNA, ISMAË, ZACCHARIE, LES HÉBREUX et LES LÉVITES
Viens-nous en aide, ô grand Dieu, viens-nous en aide!..
PHENENA
Père, pitié...
NABUCHODONOSOR
Et l'infâme Sion...
ANNA, ISMAË, ZACCHARIE, LES HÉBREUX et LES LÉVITES
Abaisse ton regard jusqu'à tes enfants qui doivent s'apprêter à supporter un joug cruel, ...
PHENENA
Père, que la pitié parle à ton coeur! me voici, à cause de toi, au seuil de la mort!
ABIGAIL
Vengeance!..
PHENENA
Que ton pardon soit accordé à ces infortunés et ta fille sera sauve!
Pitié, pitié!
ANNA, ISMAË, ZACCHARIE, LES HÉBREUX et LES LÉVITES
Grand Dieu, viens-nous en aide!...
NABUCHODONOSOR
Et l'infâme Sion,...
O vaincus, prosternez-vous jusqu'à terre! j suis votre vainqueur.
Je l'ai pourtant appelé dans les combats, mais votre Dieu est-il venu?
Il a peur de moi; pauvres sots, qui pourrait me résister?
ZACHARIE (levant son poignard sur Phenina))
Monstre, regarde! Elle sera la première victime que j'égorgerai.
Tu es assoiffé de sang? qui coule du sein de ta fille!
NABUCHODONOSOR
Arrête!
ZACHARIE (s'apprêtant à frapper)
Non! qu'elle meure!
(Ismaël arrête brusquement le poignard et libère Phenena qui se jette dans les bras de son père.)
ISMAÊL
Infortunée! L'amour te sauvera!
NABUCHODONOSOR
Ma fureur, désormais sans contrainte, fera des vaincus
Un affreux carnage;
(aux Babyloniens)
Saccagez et brûlez le temple, toute pitié sera considérée comme un crime!
ABIGAIL
Ce peuple maudit sera totalement anéanti...
Alors l'amour qui me combat s'éteindra peut-être!...
Si l'amour de mon coeur n'a pu être assouvi, ma haine en tout cas le sera.
ANNA et PHANINA
Le misérable, un amour ardent l'a aveuglé!
Ah! l'amour qui l'embrase ainsi le couvrira de reproche!
Hélas, par pitié, ne maudissez pas ce malheureux!
ISMAÊL
Misérable, un amour ardent m'a aveuglé!
Ah! l'amour qui m'embrase ainsi me couvrira de reproche!
Hélas, par pitié, ne maudissez pas un malheureux!
NABUCHODONOSOR
Saccagez et brûlez le temple, toute pitié sera considerée comme un crime!
Les mères tenteront en vain de faire à leurs enfants un bouclier de leur poitrine!
ZACHARIE et LES HEBREUX  (à Ismaël)
Sois rejeté par ton peuple, toi qui a trahi tes frères!
Que ton nom soit maudit couvert de reproche à travers les âges!
FANINA ET ISMAÊL
Hélas, par pitié, ...
ABIGAIL
Alors l'amour qui me combat, ...
ANNA, PHANINA et ISMAÊL
Hélas, par pitié, ...
NABUCHODONOSOR
Saccagez et brûlez le temple, ...
ZACHARIE et LES HEBREUX
"Ah! fuyez loin de ce maudit!"
Crieront le ciel et la terre, ...

DEUXIEME PARTIE: L’Infidel

Scène 1

Des appartements dans le palais
(Abigail entre brusquement, tenant à la main un grand parchemin.)
ABIGAIL
Heureusement que je t'ai trouvé, ô document fatal!
Dans son sein le Roi t'avait bien mal caché,
Toi d'où aurait pu naître ma honte!...
Abigail est fille d'esclaves!
Eh bien, soit! Fille de Nabuchodonosor,
Comme le croient les Assyriens...que suis-je ici? Moins qu'une esclave!
Le Roi a confié le trône à ma cadette Phenena, tandis que lui emploie,
Sous les armes, tout son courage à exterminer le royaume de Juda!...
Et moi, il m'envoie ici, du camp, pour y être témoin de l'amour des autres!
Oh, vous êtes tous iniques, et encore plus fous!...
Vous connaissez mal le coeur d'Abigaïl...
Vous verrez ma fureur retomber sur vos têtes!
Ah, oui! Que soit anéantie Phenena! Mon faux père!
Le royaume! Et détruis-moi aussi, O fatal courroux!
Moi aussi, jadis, j'avais le coeur ouvert à la joie:
J'entendais autour de moi tout me parler d'amour;
Je pleurais aux larmes d'autrui, je souffrais de la douleur des autres;
Ah! Qui me rendra pour un seul jour cet enchantement perdu?
Je pleurais aux larmes d'autrui, ...

Scène 2

(Entrent le Grand Prêtre de Baal, des mages et les grands du royaume.)
ABIGAIL
Qui s'avance?
LE GRAND-PRÊTRE
Une scène horrible s'est dévoilée à mes yeux!
ABIGAIL
Ah! Que me dis-tu?
LE GRAND-PRÊTRE
Phenena est une intrusse.
Elle libère les juifs
ABIGAIL
Ah!
LE GRAND-PRÊTRE
Qui pourra désormais contenir ce peuple maudit?
Le pouvoir t'attend...
ABIGAIL
Comment?
LE GRAND-PRÊTRE
Tout est déjà prêt.
LE GRAND-PRÊTRE et LES MAGES
Nous avons répandu le bruit que le Roi était mort à la guerre...
Le peuple te réclame comme Reine, afin que tu sauves la terre assyrienne.
Un seul pas... et ton sort est assuré, Prends courage!
ABIGAIL
Je suis avec toi. Va, O fidèle ami!
La femme que je suis ne sera pas moins forte que toi!
Je monte déjà les marches ensanglantées d trône d'or.
Ma vengeance saura lancer ses foudres depuis ce siège
Tous les peuples verront que le sceptre me revient!...
Les filles des rois viendront ici pour supplier l'humble esclave, ...
LE GRAND-PRÊTRE et LES MAGES
Et la vengeance de Baal saura tonner avec la tienne,
Oui, saura tonner.
ABIGAIL
Je monte déjà les marches ensanglantées, ...
LE GRAND-PRÊTRE et LES MAGES
Et la vengeance de Baal, ...
ABIGAIL
Pour supplier l'humble esclave, ...

Scène 3

(Une salle du palais
A droite une porte qui mène à une galerie, à gauche une autre porte qui communique avec les appartements de la Régente.
C'est le soir. La salle est illuminée par un lustre Zacharie entre avec un Lévite qui porte les Tables de la Loi.)
ZACHARIE
Viens, ô Lévite! ... Apporte le saint code.
Dieu veut faire de moi le ministre d'un nouveau miracle!...
Pour la gloire d'Israël, il ordonne à son serviteur d'écarter les ténèbres qui enveloppent une infidèle.
O Dieu suprême, tu as fulminé par la bouche des prophètes!
En termes puissants, parle désormais à l'Assyrie par ma bouche!
Et chaque temple résonnera de tes chants sacrés;
Sur les idoles brisées ta loi s'élèvera.
Sur les idoles brisées, ...

Scène 4

(Il entre avec le Lévite dans les appartements de Phenena. Des Lévites entrent avec précaution.)
LES LEVITES
Que nous veut-on? Qui donc nous réclame de nuit en ce lieu incertain?
ISMAÊL (qui entre)
Le Grand Prêtre a besoin de vous...
LES LEVITES
Ismaël!
ISMAÊL
Mes frères!
LES LEVITES
Horreur!
Fuis!... Va-t'en!
ISMAÊL
J'implore votre pitié!
LES LEVITES
Le Seigneur t'a maudit! un maudit n'a pas de frères...
Aucun mortel ne lui parle! partout s'élève une plainte cruelle
Que le vent porte jusqu'à ses oreilles infidèles.
Sur son front luit, comme un éclair, le fatal signe de Dieu!
C'est en vain qu'il porte le poison à sa bouche,
C'est en vain qu'il lève le poignard sur son sein! ...
ISMAÊL (désespéré)
Pour l'amour du Dieu vivant cessez cela!
La terreur me rend fou! Ah! tuez-moi, par pitié! ...
LES LEVITES
Le Seigneur t'a maudit!
ISMAÊL
Par pitié, ah, par pitié!
LES LEVITES
Un maudit n'a pas de frères, ...
ISMAÊL
ah! Cessez!... Ah!... Ah! tuez-moi, par pitié! ...

Scène 5

(Phenena entre suivie d'Anna, Zacharie et du Lévite)
ANNA
Hélas, mes frères, pardonnez-lui! il a sauvé une juive!
LES LEVITES
Ah! que dis-tu?
ZACHARIE
Chantez vos hymnes à l'Éternel!... C'est la vérité!
PHENENA
Mais quel est ce tumulte?
ISMAÊL, Zacharie et LES LEVITES
Oh, ciel! Qu'est-ce donc?

Scène 6

(Le vieil AbdalL entre tout effrayé)
ABDAL (à Phenena)
Royale dame! Hélas, fuis!
Une affreuse rumeur annonce la mort de mon Roi!
PHENENA
Oh, padre! Ah! mon père!
ABDAL
Le peuple réclame désormais Abigaïl et condamne les juifs.
ABDAL
Ah! Pourquoi je tarde encore? ...
Je ne dois pas rester ici! Je vais courir
Au milieu des infâmes rebelles...
ISMAÊL, ABDAL, ZACHARIE et LES LEVITES
Arrête! Ah! quel malheur!

Scène 7

(Entrent le Grand Prêtre de Baal, Abigaïl les grands du royaume, les mages et le peuple de Babylone.)
LE GRAND-PRÊTRE
Gloire à Abigaïl! Mort aux Hébreux!
ABIGAIL (à Phenena)
Rends-moi cette couronne!
ABDAL
Plutôt mourir...

Scène 8

(Les guerriers de Nabuchodonosor lui ouvrent un chemin à travers la foule et il se jette entre Abigaïl et Phenena. Il prend ja couronne et la pose sur sa tête.)
NABUCHODONOSOR (à Abigaïl)
Ote-la de ma tête!
L'heure du courroux
Fatal approche;
Déjà l'épouvante se lit sur les visages muets!
Tout autour de nous, les foudres entr'ouvrent déjà leurs ailes!...
Elles nous announcent un jour de deuil et de désolation!
ABIGAIL
L'heure du courroux, ...
NABUCHODONOSOR
Déjà l'épouvante, ...
TOUS
L'heure du courroux, ...
NABUCHODONOSOR
Que l'on m'écoute!... Babyloniens
Je jette votre dieu à terre.
Ils vous a rendus traîtres,
Il a voulu vous arracher à mon pouvoir:
Le vôtre, stupides Hébreux, est tombé en combattant contre moi.
Écoutez mes paroles... Il n'y a qu'un seul Dieu... votre Roi!
PHENENA
Ciel!
LE GRAND-PRÊTRE
Qu'entends-je?
ZACHARIE et LES LEVITES
Hélas, insensé!
LES SOLDATS
Vive Nabuchodonosor!
NABUCHODONOSOR
Inclinez à présent vos visages jusqu'à terre!
Adorez-moi, votre Dieu!
ZACHARIE
A terre, que ton fol orgueil tombe à terre...
Dieu t'a rippe parles cheveux, il t'arrache déjà le trône!
NABUCHODONOSOR
Tu as cette audace? O mes fidèles,
Que l'on conduise à l'instant ce vieillard aux pieds de l'idole.
Qu'il meure avec son peuple...
PHENENA
Juive, je mourrai avec eux.
NABUCHODONOSOR
Tu mens!... 0 infâme, prosterne-toi devant mon idole.
PHENENA
Non!... Je suis juive!
NABUCHODONOSOR (lui prenant le bras)
A terre!... prosterne-toi!
Je ne suis plus Roi, je suis Dieu!
(On entend un roulement de tonnerre; la foudre tombe sur la tête du Roi; Nabuchodonosor terrifié sent une force surnaturelle lui arracher
sa couronne; tousles traits de son visage dénotent la folie.)

TOUS
Ah! comme le ciel vengeur a foudroyé l'audacieux!
NABUCHODONOSOR
Qui m'a enlevé mon sceptre royal?...
Quel est ce spectre hideux qui me harcèle?...
Hélas, qui m'agrippe par les cheveux?
Qui me serre? Qui me jette à terre?
Qui?... Qui?
O ma fille!... Toi non plus
Tu ne viens pas au secours de mon faible bras?
Ah, je ne vois que des fantômes...
Ils tiennent des glaives de feu!
Et le ciel rouge de sang
Se déverse sur ma tête! ...
Ah, pourquoi, pourquoi une larme a-t-elle jailli de ma paupière? ...
Qui me pousse? ... Je défaille...
(Il s'evanouille.)
ZACHARIE
Le ciel a puni l'orgueilleux!
ABIGAIL (ramassant la couronne tombée de la tête de Nabubuchodonosor)
Mais que la splendeur du peuple de Baal ne prenne pas encore fin!

TROISIEME PARTIE: La Prophétie

Scène 1

(Les jardins suspendus
Abigail est sur le trône. Les mages et les grands du royaume sont assis à ses pieds; près de l'autel, où se dresse la statue d'or de Baal,
le Grand Prêtre se tient avec ses suivants. On voit aussi des femmes de Babylone,
des gens du peuple et des soldats.)
LE CHOEUR
L'Assyrie est une reine, aussi puissante que Baal sur terre;
Elle apporte partout la ruine, si les étrangers lui déclarent la guerre;
Désormais, parmi les plaisirs de la paix, juste récompense du courage,
Elle passera des jours riants dans la joie et dans l'amour, ...
Désormais, parmi les plaisirs de la paix, ... ...
Oui, dans la joie et dans l'amour!
LE GRAND-PRÊTRE
Illustre dame, qui gouverne le sort de l'Assyrie, écoute les prières
De tes fidèles. Que les infâmes fils de Juda périssent tous, et en premier lieu celle que je n'ose appeler ta soeur...
Elle a trahi Baal...
Il présente la sentence à Abigaïl.)
ABIGAIL (hypocritement)
Que me demandez-vous là?...
Mais qui s'avance?...

Scène 2

(NABUCHODONOSOR paraît, la barbe hérissée, vêtu de pauvres habits. Les gardes, à la tête desquels se tient le vieil Abdal,
lui font respectueusement place.)

ABIGAÏL
Quel est l'audacieux qui ose enfreindre mon commandement suprême?...
Que l'on remmène ce vieillard dans ses appartements!...
NABUCHODONOSOR (délirant)
Qui ose parler en présence de Nabuchodonosor?
ABDAL (respectueusement)
Ah! Seigneur, suis-moi.
NABUCHODONOSOR
Où veux-tu me conduire! Laisse-moi!
C'est ici La salle du conseil...
Arrête! Ne vois-tu pas? Ces gens m'attendent...
Pourquoi me soutiens-tu? Je suis faible,
il est vrai, Mais surtout que personne ne le sache!...
Je veux que tous me croient toujours fort...
Laisse... Je trouverai bien mon siège...
Il s'approche du trône et s'apprête à y monter.)
Qui est cette femme?
Ah! quelle audace!
ABIGAIL (descendant du trône)
Sortez, ô mes fidèles!
(Tout le monde se retire.)

Scène 3

NABUCHODONOSOR
Femme, qui es-tu?
ABIGAIL
Je suis venue ici pour veiller sur ton trône!...
NABUCHODONOSOR
Toi? Sur mon trône? Oh, ruse!
T'en ai-je donné l'ordre?
Oh, ruse!
ABIGAIL
Tu étais malade... Le peuple proteste devant le soulèvement juif;
Tu dois apposer le sceau royal à ses désirs! ...
(lui montrant la sentence)
Voici l'arrêt de mort des traîtres...
NABUCHODONOSOR
Que dis-tu?
ABIGAIL
Signe.
NABUCHODONOSOR (à part)
Une pensée m'angoisse!
ABIGAIL
Tu résistes?
Levez-vous, juifs, et réjouissez-vous!
Faites monter vers votre Dieu des hymnes de gloire!...
NABUCHODONOSOR
Qu'entends-je!
ABIGAIL
En proie à la plus vile frayeur, Nabuchodonosor n'existe plus!
NABUCHODONOSOR
A mort, que tout Israël
Soit traîné au supplice!
Donne!
(Il appose le sceau royal au bas du parchemin et le rend
à Abigaïl.)

ABIGAIL
Ah! que je suis heureuse!
Le dernier obstacle est franchi!
NABUCHODONOSOR
Ah!... Mais Phenena?
ABIGAIL
La perfide!
Elle s'est convertie au faux Dieu!...
Ah! qu'elle meure!
(Elle donne le parchemin à deux gardes qui sortent aussitôt.)
NABUCHODONOSOR (voulant la retenir)
C'est la fille de mon sang!
ABIGAIL
Personne ne peut la sauver!
NABUCHODONOSOR
Horreur!
ABIGAIL
Une autre fille...
NABUCHODONOSOR
Prosterne-toi, ô esclave, devant ton maître!
ABIGAIL
Insensé!... Qui voudra te croire?...
Moi, une esclave?
NABUCHODONOSOR (cherchant dans son sein le document qui atteste la vile naissance d'Abigaïl)
Apprends la vérité!
ABIGAIL (sortant de son sein le document et le mettant en pièces)
C'est ainsi que je te rends, ô misérable,
Ce papier mensonger!
NABUCHODONOSOR (à part)
Ah! quelle honte pèse sur mes cheveux blancs!
C'est en vain que ma main glacée saisit mon fer jadis redouté!...
Hélas, misérable vieillard! Je ne suis plus que l'ombre du roi!
ABIGAIL (à part)
Ah! tu es enfin venu jour de cette gloire tant désirée!
NABUCHODONOSOR
Hélas, misérable!
ABIGAIL
Le trône vaut bien plus qu'un père perdu!
NABUCHODONOSOR
Ah!
ABIGAIL
Enfin les peuples tomberont aux pieds d'une humble esclave! ...
NABUCHODONOSOR
Hélas, misérable vieillard! Je ne suis plus que l'ombre du roi, ...
(Des trompes s'entendent en coulisses.)
NABUCHODONOSOR
Oh, quel est ce son!
ABIGAIL
C'est le signal de mort pour le Juifs que tu as condamnés!
NABUCHODONOSOR
Gardes, holà! je suis trahi! Gardes!
(Quelques gardes accourent.)
ABIGAIL
Tu t'opposes encore? Ces gardes, je les ai retenus
Pour toi seul, ô prisonnier!
NABUCHODONOSOR
Prisonnier?
ABIGAIL
Oui!... D'une esclave qui méprise ta puissance!
NABUCHODONOSOR
Prisonnier?...
ABIGAIL
Oui...
NABUCHODONOSOR
Ah! pardonne, hélas, pardonne à un père qui délire!
Je t'en prie, rends-moi ma fille, n'en prive pas un père!
Que le peuple assyrien te nomme Reine et souveraine désormais;
Le vieillard que je suis ne demande que la vie de son coeur!
ABIGAIL
Sors! C'est en vain que tu me demandes la paix,
Tes pleurs tardifs ne m'émeuvent pas...
NABUCHODONOSOR
Ah, pardonne!
ABIGAIL
Tu n'étais pas ainsi, ô vieil audacieux, lorsque tu me destinais au déshonneur.
Tu n'étais pas ainsi, ...
NABUCHODONOSOR
Ah, pardonne!
ABIGAIL
... lorsque tu me destinais au déshonneur.
NABUCHODONOSOR
Hélas, pardonne à un père qui délire!
ABIGAIL
C'est en vain!
NABUCHODONOSOR
Je t'en prie, rends-moi ma fille, n'en prive pas un père!
ABIGAIL
Tes pleurs tardifs ne m'émeuvent pas. Sors!
NABUCHODONOSOR
Que le peuple assyrien te nomme reine et souveraine désormais...
ABIGAIL
Insensé!
NABUCHODONOSOR
Le vieillard que je suis ne demande que la vie de son coeur!
ABIGAIL
Ah! on verra bien si le manteau royal sied mal à l'humble esclave!...
On verra désormais si je souille la gloire de l'Assyrie! ...
NABUCHODONOSOR
Hélas, pardonne à un père, ...

Scène 4

Les rives de l'Euphrate
LES HEBREUX (enchaînés, obligés de travailler)
Va, pensée, sur tes ailes dorées; Va, pose-toi sur les coteaux et les collines
D'où s'exhale, tiède et humide, le doux air du sol natal!
Salue les rives du Jourdain et les tours renversées de Sion...
O ma patrie si belle que j'ai perdue! O souvenir si cher et si fatal!
Harpe d'or des devins fatidiques, pourquoi pends-tu, muette, aux branches du saule?
Ranimant dans nos coeurs les souvenirs, parle-nous du temps passé!
Fais entendre quelque triste complainte, qui rappelle le sort de Solime,
Ou bien que le Seigneur t'inspire une harmonie qui nous enseigne à supporter nos souffrances!

Scène 5

ZACHARIE (qui entre)
Ah! qui pleure? Qui élève vers l'Éternel d lamentations de femmes timides?
Ah! levez-vous, malheureux frères, le Seigneur parle par ma bouche.
Je puis voir dans l'obscur avenir.. .
Voici brisée notre indigne chaîne!...
Sur le rivage perfide s'abat déjà la fureur du Lion de Juda!
LES HEBREUX
Oh, futuro! Quel avenir!
ZACHARIE
Les hyènes et les serpents viendront se poser sur les crânes et les ossements,
Un silence de mort règnera dans la poussière tourbillonnant au vent!
Seul le hibou, le soir venu, poussera ses sinistres plaintes...
Pas une pierre ne restera pour dire à l'étranger où se dressait l'orgueilleuse Babylone!
LES HEBREUX
Ah! quel feu brille dans l'oeil de ce vieillard!
C'est le Seigneur qui parle par sa bouche!
ZACHARIE
Pas une pierre ne restera, ...
LES HEBREUX
C'est le Seigneur qui parle par sa bouche!...
Oui, oui, oui!
ZACHARIE
Pas une pierre ne restera pour dire à l'etranger où se dressait
L'orgueilleuse Babylone, ...
Ah! ne restera pour dire, ...
LES HEBREUX
Oui, que l'indigne chaîne soit brisée, le courage de Juda s'éveille désormais,
Le courage de Juda s'éveille désormais, ...

QUATRIÈME PARTIE: L'Idole Brisée

Scène 1

Des appartements du palais
Nabuchodonosor est assis sur un siège et semble plongé dans une profonde torpeur.
NABUCHODONOSOR (s'éveillant tout tremblant)
Ce sont bien mes membres! Ah! à travers les forêts,
N'étais-je pas en train de courir, haletant, comme une bête sauvage aux abois?
Ah! c'était un rêve... horrible rêve.
(Voix au dehors.)
Voici le cri de guerre!...
Ah! mon épée!...
Mon destrier qui rêve de batailles comme une jeune fille rêve de bals.
Oh, prodi miei! Sionne, Oh mes vaillants guerriers! Sion,
L'orgueilleuse cité, la voici qui se dresse...
Qu'elle soit à nous, qu'elle tombe en cendres !
CHOEUR (au dehors)
Phenena!
NABUCHODONOSOR
Ah! sur les lèvres de mes fidèles résonne le nom de ma fille!...
(Il se met au balcon.)
La voilà! Elle accourt entre les rangées de soldats!
Hélas! Me trompe-je? Pourquoi ses mains sont-elles chargées de chaînes?...
Elle pleure!
CHOEUR (au dehors)
A mort Phenena!
(Nabuchodonosor court à la porte et la trouve close)
NABUCHODONOSOR
Ah! je suis prisonnier!
(Il retourne au balcon et garde les yeux fixés vers la voie publique.)
Dieu des Hébreux, pardon!
(Il s'agenouille.)
Dieu de Juda! Que se dressent à nouveau
Ton autel, ton temple saint...
Hélas! arrache-moi à cette cruelle peine et je détruirai mes anciens rites.
Tu m'entends!
Désormais, l'esprit malade
Ah! De l'impie est éclairé par ta lumière!
Dieu vrai, Dieu tout-puissant!
Je t'adorerai toujours! ...
(Il se relève et veut ouvrir de force la porte.)
Porte fatale, ah! tu vas t'ouvrir!

Scène 2

(ABDAL entre, suivi de soldats babyloniens.)
ABDAL
Seigneur, où cours-tu?
NABUCHODONOSOR
Laisse-moi!
CHOEUR (au dehors)
Tu veux donc sortir pour que l'on insulte ton esprit qui vacille?
LES SOLDATS
Ah! nous sommes tous ici pour te défendre!
NABUCHODONOSOR (à ABDAL)
Que dis-tu là? ... Mon esprit n'est plus dérangé!
Abdal, mon épée, où est mon épée?...
ABDAL (surpris et ravi)
Pour regagner ton trône,
La voici, ô Roi!
NABUCHODONOSOR
Je veux sauver Phenena!
ABDAL et LES SOLDATS
Les traîtres tomberont à terre, comme des sauterelles!
Grâce à toi, nous verrons le soleil resplendir au-dessus de l'Assyrie!
NABUCHODONOSOR
Oh mes vaillants guerriers, suivez-moi,
La lumière se fait dans mon esprit;
Je brûle d'un feu inusité,
Je redeviens Roi d'Assyrie!
Devant la foudre de cette épée les misérables rouleront,
Ils rouleront à terre.
Nous verrons tout resplendir au soleil de ma couronne.
ABDAL et LES SOLDATS
Par toi, nous verrons...
NABUCHODONOSOR, ABDAL et LES SOLDATS
Nous verrons tout resplendir...
NABUCHODONOSOR
... Au soleil de ma couronne, ...
ABDAL et LES SOLDATS
Venez, venez...
NABUCHODONOSOR
Partons...
NABUCHODONOSOR, ABDAL et LES SOLDATS
Nous verrons le soleil...
NABUCHODONOSOR
... Au soleil de ma couronne, ...
ABDAL et LES SOLDATS
... Resplendir au-dessus de l'Assyrie!
Partons, partons! ...

Scène 3

Les jardins suspendus
(Les Grand Prêtre de Baal se tient sous le péristyle du temple près d'un autel sacrificatoire à côté duquel on voit debout deux bourreaux armés de haches. Une musique sinistre et lugubre annonce l'arrivée de Phenena et des Juifs condamnés à mort; Phenena s'agenouille devant Zacharie.)
ZACHARIE
Va! conquiers, ô jeune fille, la palme du martyre;
L'exil n'a que trop duré: le ciel est ta patrie! Hâte-toi!
PHENENA
Oh! le firmament s'ouvre à moi!
Mon esprit ne désire que le Seigneur...
Il me sourit et me dévoile des centaines de joies éternelles!
O splendeur des astres, adieu: Dieu me baigne de lumière!
CHOEUR (au dehors)
Vive Nabuchodonosor!
TOUS
Quel est ce cri?
CHOEUR (au dehors)
Vive Nabuchodonosor!
ZACHARIE
Que le sacrifice s'accomplisse.

Scène 4

(Nabuchodonosor accourt, l'épée à la main, suivi de ses soldats et d'ABDAL.)
NABUCHODONOSOR
Arrêtez, misérables! Cette funeste idole,
Guerriers, détruisez-la, réduisez-la en poussière!
(L'idole se brise d'elle-même.)
TOUS
Divin prodige!
NABUCHODONOSOR
Israël, retourne-t'en vers les joies de ton sol natal!
Qu'un nouveau temple soit élevé à ton Dieu...
Lui seul est grand, lui seul est fort! et il a mis la paix au coeur du Roi repentant.. .
Il a si fort troublé l'esprit d'Abigaïl que la traîtresse s'est empoisonnée!
Lui seul est grand, lui seul est fort!
Ma fille, adorons-le, prosternés jusqu'à terre!
TOUS (s'agenouillant)
Immense Jéhovah!
PHENENA, ISMAËL, NABUCCO et ZACHARIE
... Tout le monde t'entend!
TOUS
Tout le monde est poussière...
PHENENA, ISMAËL, NABUCCO et ZACHARIE
... Devant toi!
ZACHARIE
Immense Jéhovah!
TOUS
Jéhovah!
ZACHARIE
Tout le monde t'entend!
TOUS
Jéhovah!
ZACHARIE
Tout le monde est poussière...
LES AUTRES
Ah! Immense Jéhovah!
ZACHARIE
... Devant toi!
PHENENA, ISMAËL, NABUCCO et ZACHARIE
Fais-tu luire un arc-en-ciel?
Tout sourit!
TOUS
Fais-tu claquer ta foudre?
L'homme n'existe plus!
ZACHARIE
Immense Jéhovah! ...
LES AUTRES
Jéhovah! ...

Scène finale

(Deux guerriers entrent soutenant Abigaïl.)
NABUCHODONOSOR
Ah! que vois-je?
TOUS
Pour quelle raison
La malheureuse se traîne-t-elle jusqu'ici?
ABIGAIL (à Phenena)
Que sur moi... mourante... inanimée... Descende ton pardon!
Phenena! Je fus coupable... M'en voici bien punie!
(à Ismaël)
Viens!
(à Nabuchodonosor)
Ils s'aimaient... Qu'ils mettent en toi leur espoir!...
Maintenant... qui m'ôtera le lourd fardeau de mon crime?
Ah! tu disais, ô peuple: Dieu relève...
ABIGAIL et LES HEBREUX
... Dieu relève le malheureux.
ABIGAIL
Je t'appelle, ô Dieu, je te vénère.. .
Ne me maudis pas!
LES HEBREUX
Dieu relève.
ABIGAIL
Ne me maudis pas! ...
(Elle meurt.)
LES HEBREUX
Elle est tombée!
ZACHARIE (à Nabuchodonosor)
Serviteur de Jéhovah,
Tu seras le roi des rois.

FIN. (source arpege.22200)


I Lombardi alla prima crociata (Les Lombards à la première croisade)

Opéra en 4 actes

Livret de Temistocle Solera

Les airs y servent surtout à introduire les choeurs, véritables appels à l'insurrection, sur des paroles sans équivoque: "Chère Italie, autrefois mère et reine ... Viva l'Italia !"

La première représentation de I Lombardi est un véritable triomphe. Malheureusement les représentations à Florence et Venise sont un échec complet.

I Lombardi » se déroule à Milan, puis Antioche (aujourd'hui Turquie) et enfin Jérusalem, entre 1096 et 1099.
Opéra coloré de pardon, de conversion et de rédemption, sa trame principale est l’histoire de Giselda, fille d’Arvino, le chef des troupes lombardes, qui a échappé à un attentat commis par son frère Pagano.
Enlevée à Antioche, elle se lie à Oronte, fils du tyran de la ville, qu’Arvino blessera grièvement lors du siège, victoire facilitée par un mystérieux ermite.
Ce dernier convainc également Oronte de se convertir au christianisme.
Le dénouement a lieu devant les murs de Jérusalem. (source fomalhaut)

Acte I: La vengeance.

Les frères Arvino et Pagano sont tous deux amoureux de Viclinda.
Fou de jalousie, Pagano a tenté de tuer Arvino, ce qui lui a valu d’être banni de la ville.
Dix-huit ans plus tard, il rentre à Milan.
De son côté, Arvino s’apprête à conduire les chevaliers lombards à la première croisade.
Avec l’écuyer Pirro, Pagano projette d’enlever Viclinda et d’assassiner Arvino.
Ils se glissent de nuit dans le palais où Arvino habite avec Viclinda et leur fille Giselda.
Dans la chambre d’Arvino, Pagano tue un homme endormi en qui il reconnaît trop tard son propre père.
Arvino veut venger le parricide, mais Giselda s’interpose pour protéger son oncle.

Acte II: L’homme de la caverne.

Capturée pendant la croisade, Giselda est retenue en otage dans le palais du tyran Acciano à Antioche.
Le fils du tyran, Oronte, aime Giselda et est aimée d’elle ; par amour, il est prêt à se convertir au christianisme comme l’a fait en
secret sa mère Sofia.
Dans une caverne voisine vit Pagano, qui se fait passer pour un pieux ermite.
Pirro, qui s’était réfugié en Palestine et s’est converti à l’islam, rend visite à l’ermite.
Sans révéler son identité, Pagano lui conseille de livrer la ville aux croisés lombards afin de racheter ses péchés.
Arvino, qui se joint peu après aux Lombards, ne reconnaît pas non plus son frère en l’ermite.
Dans le harem, Sofia annonce que les croisés ont tué Acciano et Oronte.
Quand Arvino veut serrer Giselda dans ses bras, elle se détourne avec horreur de son père, déclarant que Dieu n’a jamais souhaité un
tel carnage.
Arvino veut la tuer pour ces paroles qu’il juge sacrilèges, mais l’ermite le retient.

Acte III: La conversion.

Dans le campement de son père, Giselda rencontre Oronte vêtu en Lombard.
Il a seulement été blessé et ils décident de fuir ensemble.
Lorsque Arvino remarque que sa fille a disparu, il la maudit et ordonne qu’elle soit poursuivie.
Dans une grotte, Oronte, frappé à mort, est baptisé par l’ermite avant de rendre l’âme dans les bras de Giselda.

Acte IV: Le Saint-Sépulcre.

À côté de Jérusalem, Giselda endormie a une vision lui prédisant la victoire des croisés.
On découvre une source qui sauve les croisés assoiffés.
Une fois désaltérées, les troupes reprennent leur marche vers Jérusalem.
Mortellement blessé au combat, Pagano révèle à son frère sa véritable identité.
Giselda supplie Arvino de pardonner au parricide.
Arvino pardonne, et Pagano meurt en paix en contemplant Jérusalem délivrée.  (source tuttoverdi)


Ernani (Hernani) 

Opéra en 4 actes

La première représentationde Ernani en 1844 est un véritable succès.

C'est cet opéra qui va susciter pour la première fois au cours de l'été 1846 à Bologne une manisfestation bruyante. Cette fois, la représentation d'un soulèvement contre l'autorité en place lui vaut une forte opposition de la part de la censure autrichienne.

Ernani Verdi Livret de Franscesco Maria Piave issu du livre de Victor Hugo Hernani

Personnages

  • Ernani (Le bandit) Ténor
  • Don Carlo (le Roi d'Espagne) Baryton
  • Don Ruy Gomez de Silva (Grand d'Espagne) Basse
  • Elvira (la nièce et fiancée de Don Ruy) Soprano
  • Giovanna (la nourrice d'Elvira) Soprano
  • Don Ricardo (l'Ecuyer de Don Carlo) Ténor
  • Jago (l'Ecuyer de Don Ruy) Basse

Ernani a perdu son père, le Grand d’Espagne et opposant politique, assassiné par le père de Don Carlos.
Pour le venger, Hernani prépare une conspiration contre le roi.
Hernani aime Elvira, promise au Duc Silva, elle-même convoitée par Don Carlos.
Malgré cela, Don Ruy Gomez de Silva va protéger Ernani du roi en échange de sa vie quand il l’ordonnera.
Celui ci, une fois élu empereur, se montre clément vis-à-vis des conspirateurs.
C’est le moment où Don Ruy Gomez de Silva engage Ernani à tenir sa promesse. (source fomalhaut)

Partie I : Le bandit.

Banni, le duc Don Juan d’Aragon est devenu sous le nom d’Ernani le chef d’une troupe de bandits.
Ernani et sa troupe sont poursuivis par les hommes du roi d’Espagne, Carlo (Charles Ier).  Ils veulent profiter de la nuit pour enlever Dona Elvira, la bienaimée d’Ernani, du château de Don Ruy Gomez de Silva, qui s’apprête à l’épouser contre son gré.
Carlo, qui lui aussi aime Elvira, pénètre dans les appartements de la jeune femme et lui fait des avances insistantes jusqu’à ce qu’Ernani fasse irruption.
Silva entre à son tour et provoque ses deux rivaux en duel.
Le roi se fait alors reconnaître et prétend n’être venu au château que pour demander conseil à Silva avant l’élection impériale.
Il présente Ernani comme l’un de ses soldats, se réservant ainsi le soin de le punir lui-même plus tard.

Partie II : L’hôte.

Elvira, croyant Ernani mort, a accepté d’épouser Silva.
Un pèlerin demande asile, ce que Silva, tenu par le devoir d’hospitalité, ne peut refuser (même lorsque le pèlerin se révèle être Ernani).
Elvira affirme à Ernani que son coeur lui est resté fidèle, et Silva reconnaît en lui son rival.
Il cache néanmoins son hôte pour que le roi d’Espagne ne puisse pas le faire prisonnier.
Elvira s’interpose dans la querelle, et Carlo la prend comme otage à la place d’Ernani.
Une fois qu’ils sont partis, Silva demande satisfaction à Ernani, auquel il vient de sauver la vie.
Dès que Silva soufflera dans le cor de chasse d’Ernani, celui-ci se tuera.
Mais auparavant, ils veulent se venger ensemble de Carlo.

Partie III : La clémence.

Les conjurés, parmi lesquels Silva et Ernani, se sont réunis dans le caveau impérial à Aix-la-Chapelle.
Ernani est tiré au sort pour tuer le roi.
Carlo, qui a espionné la scène, sort de sa cachette au moment où des coups de canon annoncent son élection comme empereur, et condamne les rebelles à mort.
Ernani révèle fièrement sa véritable identité.
Les prières d’Elvira parviennent à convaincre le nouvel empereur de faire preuve de clémence.
Carlo rend à Ernani son titre de duc et lui promet la main d’Elvira.

Partie IV : Le masque.

Dans le château de ses pères, Ernani fête ses noces avec Elvira.
Mais son bonheur est bientôt interrompu par le son du cor de chasse, qui lui rappelle son serment.
Silva s’est mêlé sous un masque aux invités de la noce et, implacable, exige que la promesse soit tenue.
Ernani se poignarde, et Elvira s’effondre sans connaissance sur le cadavre de son amant. (source tuttoverdi)


I due Foscari (Les deux Foscari)

Opéra en 3 actes

Livret de Franscesco Maria Piave d'une pièce de Lord Byron

Cet opéra fut écrit en 7 mois. Il est très peu représenté de nos jours.

Personnages:

  • FRANCESCO FOSCARI (Le Doge) - Baryton
  • JACOPO FOSCARI (Fils de F. Foscari) - Ténor
  • LUCREZIA CONTARINI (Femme de F. Foscari) - Soprano
  • JACOPO Loredano (membre du Conseil des Dix) - Basse
  • BARBARIGO (sénateur) - Ténor
  • PISANA (amie et confidente de Lucrezia) - Soprano
  • Un officier du Conseil des Dix - Basse
  • Un serviteur du doge - Basse

A Venise en 1457. Le Conseil des Dix, gouvernement de la Sérénissime, se réunit pour juger Jacopo Foscari, le fils du doge, accusé de meurtre
et de trahison.
Celui-ci proteste contre la haine qu'on lui voue, surtout le sénateur Loredano, malgré un verdict de clémence.
Au palais Foscari, Lucrezia, épouse de Jacopo, prie le Ciel en faveur de son époux mais hurle son désespoir lorsqu'elle apprend que
le Conseil des Dix vient de condamner Jacopo à un exil définitif.
Au palais des Doges, le vieux Francesco Foscari médite sur son autorité et son impuissance à protéger son fils ;
lorsque Lucrezia vient le supplier d'annuler la sentence, il répond que les lois de Venise le lui interdisent mais qu'il tentera
de plaider sa cause devant le Sénat... (source T411)

L’action est centrée sur deux personnages: le jeune Foscari, condamné à l’exil alors qu’il est innocent, et son père qui, en tant que doge, doit approuver cette cruelle erreur judiciaire et sera malgré tout démis de ses fonctions.
Pour pallier l’enchaînement très discontinu des scènes, Verdi s’efforce de produire un sentiment d’unité en associant aux principaux personnages des mélodies qui réapparaissent à plusieurs reprises.
Parallèlement, les personnages sont caracterisés par des effets d’instrumentation qui rappellent la technique picturale du clair-obscur.
Les couleurs sombres des cordes graves sont associées aux deux héros, les trilles lumineux de la flûte traversière peignent la brise sur la lagune, tandis que les interventions de la femme du jeune Foscari (L. Contarini) sont accompagnées par les bois aigus et la harpe.
Croyant perdre la raison, le fils du doge (Jacopo Foscari) Is’efforce de chasser l’affreux fantôme avant de tomber épuisé sur le sol.
Pour la première fois, Verdi clôt ici une longue section en mineur par un accord mineur, renonçant à la lumière de la tierce picarde.
La terreur exercée par les élites du pouvoir est contrebalancée par l’insouciance du peuple vénitien.
Verdi joue le plus possible sur la couleur locale, composant barcarolles, choeurs de gondoliers et rythmes ondoyants.

Jacopo, le fils du doge Francesco Foscari, a été faussement accusé de meurtre et banni de Venise.
Rongé par le mal du pays, il écrit au duc de Milan pour le supplier d’intercéder en sa faveur auprès du Conseil de Venise.
Sa lettre est interceptée, et Jacopo est conduit à Venise pour un nouvel interrogatoire.

Acte I

Parmi les membres du Conseil des Dix chargé de réexaminer l’affaire siège Jacopo Loredano, qui accuse Foscari d’avoir assassiné son père
et son oncle.
Malgré les tristes circonstances, le jeune Foscari est heureux de revoir sa ville natale.
Sa femme Lucrezia apprend de Pisana, sa confidente, que le Conseil a de nouveau condamné Jacopo à l’exil.
Francesco Foscari médite amèrement sur ses fonctions de doge qui ne lui permettent pas de protéger son fils.
Lucrezia l’implore d’accorder la grâce à son mari, mais le doge, soumis aux lois de Venise, ne peut répondre à sa demande.

Acte II

Dans sa prison, Jacopo apprend de Lucrezia qu’il sera de nouveau exilé.
Le doge tente de réconforter son fils, et Loredano, venu chercher Jacopo pour le conduire à la salle du Conseil où la sentence sera prononcée,
contemple avec satisfaction le malheur des Foscari.
Jacopo implore une dernière fois la clémence du Conseil, mais en vain, même son père ne peut que lui conseiller de se soumettre à son destin.
À ce moment arrive Lucrezia avec ses deux jeunes fils. Elle demande l’autorisation de suivre son époux en exil.
Lorsque le Conseil refuse, Jacopo perd le goût de vivre.

Acte III

Une joyeuse régate sur le Grand Canal est interrompue par l’arrivée de la galère d’État.
Avant de monter à bord, Jacopo fait tristement ses adieux à sa famille.
Le doge apprend peu après qu’un certain Erizzo a avoué avant de mourir être l’auteur du meurtre pour lequel Jacopo vient d’être condamné.
Mais il est trop tard.
Lucrezia annonce que Jacopo est mort juste après avoir embarqué.
Le Conseil des Dix exige de Francesco qu’il abandonne sa charge, prétextant de son deuil récent et de son grand âge.
Lorsque la cloche de Saint-Marc annonce l’élection de son successeur, Francesco s’écroule sans vie.
Loredano estime que les Foscari ont ainsi réglé leur vieille dette à son égard. (source tuttoverdi)


Giovanna d'Arco (Jeanne d'Arc)

Opéra en 3 actes. Livret d'une pièce de Schiller

Ce 7ème opéra de Verdi fut réalisé en 3 mois. La première représentation fut encore un succès.

Personnages:

  • JEANNE - Soprano
  • CHARLES VII, roi de France - Ténor
  • JACQUESJ (berger de Domrémy, père de Jeanne) - Baryton
  • TALBOT (commandant en chef des Anglais) - Basse
  • DELIL (officier du roi) - Ténor

Le livret de Temistocle Solera transforme le modèle littéraire "La Pucelle d’Orléans" (1801) de Schiller, au point de
le rendre méconnaissable.
La dramaturgie complexe de la tragédie y est radicalement simplifiée, le nombre des personnages passant de vingt-sept à cinq.
L’héroïne est déchirée entre la mission qu’elle a reçue du Ciel et son amour pour le roi.
En effet, le personnage de la favorite du roi français ayant été supprimé, Giovanna est victime d’une passion pour Carlo.
Verdi ne cherchait pas de respecter la dramaturgie de Schiller, mais de regrouper dans une oeuvre le plus grand nombre possible des innovations récentes de la scène d’opéra.
Ainsi, la monumentale scène du couronnement, au deuxième acte, se présente comme une séquelle de La Juive (1835) de Halévy.
Dans le duo entre Giovanna et son père au dernier acte, Verdi reprend un procédé souvent utilisé par Donizetti, qui consiste à exprimer les émotions contradictoires des deux personnages en les faisant chanter chacun dans une tonalité différente.
Un autre moyen stylistique, inspiré de l’opéra Robert le diable (1831) de Meyerbeer, s’avère particulièrement efficace : le conflit intérieur de l’héroïne est exprimé par des choeurs " imaginaires ".
Le principe du Bien lui répond d’une voix flûtée sous forme d’un choeur d’anges invisibles.
Dans d’autres passages de la partition, Verdi se concentre au contraire sur les sentiments intimes.
En réduisant radicalement les moyens à la seule voix de soprano accompagnée d’une clarinette solo, il réussit dans la scène de mort de Giovanna une impressionnante métaphore de la guerrière abandonnée de tous, tandis que le trio suivant intensifie encore l’émotion grâce à un unisson entre Giovanna et le roi de France, venu au dernier moment la retrouver.

Acte I

En 1429, pendant la guerre de Cent Ans : après plusieurs défaites face à l’armée d’invasion anglaise, le roi de France Carlo (Charles VII)
décide d’abdiquer et de déposer ses armes au pied d’une statue de la Vierge qui lui est apparue en rêve.
Là, dans un lieu qu’on prétend hanté non loin de Domrémy, il rencontre la bergère Giovanna d’Arco (Jeanne d’Arc).
Giovanna a reçu du ciel l’ordre de combattre pour la France aux côtés du roi.
Tandis qu’elle l’exhorte à la suivre au champ de bataille, Carlo sent renaître son courage.
Toute la scène a été épiée par Giacomo, le père de Giovanna, qui pense que sa fille est une sorcière et qu’elle entretient une liaison avec le roi.

Acte II

Persuadé que la France est gouvernée par les forces du mal, Giacomo promet au chef de l’armée anglaise, Talbot, de lui livrer Giovanna.
Après la victoire des troupes françaises à Orléans, Giovanna considère sa mission achevée et veut retourner dans son village.
Carlo la supplie de ne pas le quitter, car il l’aime.
En dépit des voix célestes qui la mettent en garde, Giovanna avoue au roi que ses sentiments sont réciproques et, bien qu’elle ait le sentiment de trahir sa mission, elle assiste à son couronnement dans la cathédrale de Reims.

Acte III

Du parvis de la cathédrale, Giacomo entend la foule acclamer sa fille et décide de mettre fin à cette activité sacrilège.
Au moment où Carlo proclame Giovanna sainte patronne de France, Giacomo s’avance et accuse sa fille de sorcellerie.
Giovanna, qui s’estime coupable à cause de son amour pour Carlo, ne prononce pas un seul mot pour se défendre.
Un orage éclate à ce moment-là et semble l’accuser. Giovanna est bannie et Giacomo la livre aux Anglais.

Acte IV

Enchaînée, Giovanna attend son exécution dans le campement anglais.
À l’extérieur, la bataille fait rage. les Français semblent sur le point de perdre.
Giovanna implore le soutien du Ciel et Giacomo, en la voyant, réalise qu’il s’est trompé à son sujet.
Il libère sa fille et lui donne sa bénédiction.
Giovanna parvient à renverser le cours de la bataille, mais elle est mortellement blessée.
Après une ultime vision de la Vierge qui paraît l’appeler au ciel, Giovanna meurt. (source tuttoverdi)


Alzira (Alzire)

Opéra en 2 actes - Livret de Salvatore Cammarano, d'après la tragédie de Voltaire Alzire

Lors de la première représentation, l'accueil fut mitigé. Verdi reconnaît que cet opéra ne lui a pas donné de peine à réaliser.

Personnages:

  • ALVARO (gouverneur du Pérou, père de Gusmano) - Basse
  • GUSMANO (gouverneur du Pérou, son fils) - Baryton
  • OVANDO (duc espagnol) - Ténor
  • ZAMORO (chef d'une tribu péruvienne) - Ténor
  • ATALIBA (chef d'une tribu péruvienne) - Basse
  • ALZIRA (fille d'Ataliba) - Soprano
  • ZUMA (servante d'Alzira) - Mezzo-Soprano
  • OTUMBO (guerrier américain) - Ténor

Dans le Nouveau Monde, au XVIe siècle le gouverneur espagnol Alvaro a installé son palais à Lima.
Fait prisonnier par des Indiens, il est gracié par l’Inca Zamoro.
De retour à la capitale, il confie le pouvoir à son fils, l’impitoyable Gusmano.
Celui-ci retient captive Alzira, fille du chef de tribu Ataliba et dont l'amour pour Zamoro est payé de retour.
Surgi pour libérer son Alzira, Zamoro est capturé après un violent combat.
Relâché grâce à Alvaro, Zamoro est cependant repris, mais les Incas parviennent à le faire évader.
Pendant ce temps, Gusmano oblige Alzira à l'épouser grâce à un odieux chantage.
Lors des noces, Zamoro frappe mortellement Gusmano qui, dans un sursaut chrétien, pardonne à son meurtrier.


Attila

Opéra en 3 actes. Livret de Temistocle Solera et Francesco Maria Piave, d'après la pièce de Zacharias Werner, Attila.

Personnages:

  • ATTILA (roi des Huns) - Basse
  • EZIO (général romain) - Baryton
  • OBADELLA (fille du seigneur d'Aquilée) - Soprano
  • FORESTO (chevalier d'Aquilée) - Ténor
  • LEONE (le pape Léon Ier) - Basse

Avec Attila, Verdi revient à l'expression de son amour pour la patrie.

Une comparaison entre le livret et la féroce tragédie en cinq actes écrite par Werner en 1808 montre que, en dehors du cadre général de l’opéra, seule une succession de scènes suit de près le modèle : la confrontation entre Attila et le pape Léon devant les portes de Rome, qui culmine avec la vision plongeant le chef des Huns dans l’épouvante.

Dans ce sujet inhabituel, Verdi semble avoir été moins intéressé par l’action que par les métaphores de la lumière qui abondent dans la pièce de Werner. Contrairement au romantisme allemand, toutefois, ce n’est pas tant dans le texte chanté que Verdi situe ces allusions à l’ombre et la lumière, mais dans la réalisation scénique : aucun autre de ses opéras, à l’exception de Simon Boccanegra, ne contient autant d’indications concernant l’éclairage. 

Quatre des huit tableaux se déroulent pendant la nuit, le second tableau du prologue entre la nuit et le lever du jour, et le dernier tableau le matin.
Verdi était également préoccupé par la couleur des costumes. Se souvenant de la célèbre fresque où Raphaël a représenté la rencontre entre Attila et le pape Léon le Grand, il expédia spécialement un ami au Vatican pour qu’il lui décrive le tableau en détail et « les couleurs des vêtements » en particulier.
L’un des sommets de la partition est le spectaculaire lever du soleil, dans le prologue, où un point d’orgue de près de trois minutes et demie aboutit à un fortissimo de l’orchestre au complet.
Encore plus impressionnant, nous assistons au cours du deuxième acte à l’effet lumineux inverse : après le choeur des prêtresses dans le « pur » ut majeur du lever du soleil, un silence général marque le passage à l’ensemble lent qui, comme si souvent dans ce genre de finales, dépeint l’horreur muette de tous les protagonistes. Cet effet de surprise est cependant produit par un brusque passage de la lumière à l’ombre, qui ne
figure pas dans la pièce de Werner : « Une bourrasque soudaine éteint une grande partie des flambeaux. […] Silence et tristesse générale. »
Attila remporta à la Fenice un succès d’autant plus retentissant que la prise de la ville épiscopale d’Aquilée par les Huns fait partie du mythe de la fondation de Venise.
Au deuxième tableau de l’opéra, les réfugiés d’Aquilée se regroupent sur les rives inhospitalières du « Rio alto », qui deviendra sous le nom de Rialto un quartier de la cité lagunaire. Par ailleurs, les jeunes patriotes vénitiens étaient naturellement prédisposés à interpréter les
paroles d’Odabella (« Nous autre, femmes d’Italie ») et son courage héroïque comme une allusion au combat pour l’indépendance nationale.
L’ironie du sort voulut pourtant que la prima donna de la création, Sophia Loewe, devînt peu après la maîtresse du général autrichien qui, en 1848, écrasa les soulèvements à Ferrare et dans les Marches avant d’épouser la première interprète du rôle d’Odabella.

Prologue


Attila et les Huns ont déferlé sur l’Italie et pillé la ville d’Aquilée.
Odabella, la fille du seigneur d’Aquilée tué par Attila, s’est battue, elle aussi, pour défendre la ville. Impressionné par son courage, le
chef hun lui fait présent de son épée. Il reçoit ensuite le général romain Ezio, qui lui propose un marché : s’il cède l’Italie à Ezio, Attila
peut avoir le reste du monde. Ezio n’écoutera plus les ordres de son empereur. Écoeuré, Attila refuse.
Pendant ce temps, des réfugiés d’Aquilée menés par Foresto arrivent dans les lagunes d’Adriatique et décident d’y fonder une ville nouvelle
(la future Venise).
Foresto s’inquiète du sort d’Odabella.

Acte I


Dans le camp d’Attila aux portes de Rome, Foresto rencontre Odabella et l’accuse de trahison.
Elle parvient à l’assurer de sa loyauté et lui dit vouloir tuer Attila. De son côté, le chef hun est réveillé par un cauchemar dans lequel un vieillard lui barrait la route de Rome. Quand apparaît le pape Léon, venu pour négocier la paix, Attila épouvanté reconnaît le vieillard du cauchemar et se prosterne devant l’évêque.

 

Acte II


Dans le camp romain, Ezio apprend la nouvelle de la trêve avec les Huns, qui doit être célébrée par un banquet.
Parmi les envoyés d’Attila se trouve Foresto, sous un déguisement, qui convainc Ezio de s’unir à la conjuration. Au cours du banquet, Foresto tente d’empoisonner Attila, mais il en est empêché par Odabella, qui souhaite tuer le Hun elle-même. En signe de gratitude, Attila promet d’épouser Odabella et, sur ses instances, rend la liberté à Foresto.

 

Acte III

 
Alors qu’on s’apprête à célébrer les noces d’Attila avec Odabella, Foresto doute une nouvelle fois de la sincérité de la jeune femme.
Les Romains se postent à proximité, prêts à se ruer sur les Huns au signal d’Ezio. À ce moment arrive Odabella, qui s’est échappée du camp hun.
À la recherche de son épouse, Attila la découvre en compagnie de Foresto et d’Ezio, et les accuse tous trois d’ingratitude et de trahison : Odabella dont il a fait sa reine, Foresto dont il a épargné la vie, et Ezio pour qui il a épargné Rome. Tandis que les Romains attaquent le camp d’Attila, Odabella lui rappelle le meurtre de son père et le poignarde. Les derniers mots du chef hun sont : « Toi aussi, Odabella ? »  (source tuttoverdi)


 

Macbeth 

Opéra en 4 actes

Livret de Francesco Maria Piave, d'après la tragédie de Shakespeare du même nom.

Verdi proposera une version remaniée de Macbeth pour Paris en 1865.

Personnages:

  • Macbeth, général de Duncan, roi d'Ecosse : Baryton
  • Banquo, général de Duncan : Basse

  • Lady Macbeth : Soprano

  • Dame de compagnie de Lady Macbeth : mezzo-soprano

  • Macduff, noble écossais, seigneur de Fiff : Ténor

  • Malcolm, fils du roi Duncan : Ténor

  • Un médecin : Basse

  • Un héraut : Basse

  • Un serviteur : Basse

  • Un assassin : Basse

 

Acte 1


Au retour d'un combat victorieux, Macbeth et Banco rencontrent trois sorcières qui saluent Macbeth comme Sire de Cawdor et futur roi d'Ecosse,et Banco comme père d'une lignée destinée à ré­gner. Peu après, Macbeth apprend qu'il a été effectivement nommé Sire de Cawdor. Au château, Lady Macbeth apprend cette nouvelle par une lettre de son époux et décide de le pousser à agir. On an­nonce justement l'arrivée du roi Duncan et de sa suite. A l'instigation de sa femme, Macbeth assas­sine le souverain. Lady Macbeth pénètre en­suite dans la chambre du
crime pour bar­bouiller de sang les gardes du roi, afin qu'ils soient pris pour les meurtriers.

Acte 2


Macbeth est fait roi, mais sa femme l'incite à supprimer aussi Banco et son fils. Banco est assailli de sombres pressentiments et presse son fils Fleanzio de fuir. Macbeth fait tuer Banco par ses sicaires. Au cours d'un banquet, le spectre de Ban­co apparaît à Macbeth, que le sentiment de culpabilité fait délirer devant les convives, bien que sa femme tente de donner le change.

Acte 3


Les sorcières rassurent Macbeth par leurs prédictions : il doit se méfier d'un noble, Macduff, mais sera invincible tant que la forêt de Birnham ne se mettra en marche contre lui, et aucun homme « né d'une femme » ne pourra lui nuire. Cependant, la descendance de Banco vivra, et sera bien une lignée de rois. Lady Macbeth pousse son époux à incendier le château de Macduff.

Acte 4


Les Écossais exilés plaignent les malheurs de leur patrie, et Macduff, dont Macbeth a fait tuer la femme et les enfants, pleure leur perte. Malcolm, fils de Duncan, monte une armée et conseille aux siens de se camoufler à l'aide de branches d'arbre. Lady Macbeth, dans une crise de
somnambulisme, revit les crimes com­mis à son instigation, et meurt. Macbeth, de­venu indifférent à tout, médite. Les prophéties des sorcières vont s'accomplir. L'armée ennemie, dissimulée par des branches et devenue semblable à la forêt, s'avance contre Macbeth, et Macduff, arraché avant terme au ventre de sa mère le tue. Malcolm est acclamé roi.

 


I Masnadieri (Les brigands)

Opéra en 4 actes créé en 1847 à Londres sur un livret d’Andrea Maffei

Opéra basé sur le drame Die Räuber (les Brigands) du même Friedrich Schiller

Avec cette première pièce, le poète Schiller exprime sa révolte contre la tyrannie du Duc de Wurtemberg.

Ce fut le premier opéra écrit ecprès pour Londres par un compositeur italien moderne.

Personnages:

  • Massimiliano, comte de Moor : Basse
  • Carlo, son fils aîné : Ténor
  • Francesco, son fils cadet : Baryton
  • Amalia, orpheline, nièce du comte : Soprano
  • Arminio, chambellan du comte : Ténor
  • Moser, prêtre : Basse
  • Rolla, compagnon de Carlo Moor : Ténor

L’histoire d’ « I Masnadieri » se situe vers 1730 en Bohême et Franconie, à l’est du duché dont Schiller s’est enfui, mais ne fait aucune allusion à une situation tyrannique.
Francesco, jaloux de son frère Carlo, a rejoint des brigands. Déçu par cette vie, il décide de brouiller son frère et son père, Massimiliano Comte de Moor. Il le jette au cachot.
Ses manipulations conduisent à la mort de son père, puis de Amalia par la main même de son fiancé, Carlo, qui se donne la mort après coup.


Jérusalem (remaniement des I Lombardi)

Opéra en 4 actes sur un livret de Soléra

Personnages :

  • Gaston, vicomte de Béarn : Tenor
  • Le comte de Toulouse : Baryton
  • Roger, frère du comte : Basse
  • Adhemar de Montheil, légat du Pape : Basse
  • Raymond, écuyer de Gaston : Tenor
  • Un soldat : Basse
  • Un héraut : Basse
  • L’Emir de Ramla : Basse
  • Un officier de l’Emir : Tenor
  • Hélène, fille du comte : Soprano
  • Isaure : Soprano

Verdi se trouve à Paris et remanie I Lombardi pour répondre aux sollicitations des directeurs de l'Opéra.

Les 11 scènes des Lonbards sont réduites à 7. Milan se change en Toulouse et les Lombards deviennent Français.

La trame principale de l’Opéra est l’histoire de Gaston, amant d’Hélène, la fille du Comte Raymond.
Celui-ci a été grièvement blessé par erreur lors d’un attentat commandité par son frère Roger.
Horrifié d’avoir atteint son propre frère, il réussit tout de même à faire accuser Gaston, condamné à l’exil.
Roger part en Terre Sainte et entame une vie d’ermite.
Fait prisonnier à Ramla par l’Emir de la ville, Gaston y retrouve sa fiancée Hélène, partie à sa recherche et arrêtée elle aussi par les troupes arabes.
Le Comte Raymond réussit à prendre la cité, et retrouve Gaston qu’il condamne à mort.
Roger fournit alors à son frère les armes nécessaires à la prise de Jérusalem où l’intrigue se conclut.
(source Fomalhaut)


I Corsaro (Le Corsaire)

Opéra en 3 actes créé le 25 octobre 1848 au Teatro Grande de Trieste

Livret inspiré d'une pièce de Byron "Le Corsaire"

Personnages :

  • Corrado, capitaine des corsaires : Ténor
  • Giovanni, corsaire : Basse
  • Medora, jeune fille aimée de Corrado : Soprano
  • Gulnara, esclave, favorite du pacha Seïd : Soprano
  • Seïd, pacha de Choronée : Baryton
  • Selimo, lieutenant de Seïd :  Ténor
  • Un eunuque – Un esclave : Ténor

La trame d’I Corsaro ne fait référence à aucun évènement marquant de l’histoire, mais elle devrait se situer vers 1810.

Sur une île de la Mer Egée, le chef des corsaires, Corrado, informé par un espion grec prépare ses troupes à mener une expédition contre la
flotte musulmane basée dans le port de Corone (sud du Péloponnèse).
Ce projet inquiète Médora mais elle ne peut le retenir.
Pendant ce temps, à Corone, le Pacha Seid est également sur le point de lancer un raid contre les corsaires. Il se fait cependant surprendre,
ses navires sont incendiés mais il réussit à réunir ses troupes alors que Corrado cherche à sauver les femmes des flammes. Le héros est arrêté.
Gulnara, la favorite du harem, s’éprend de lui et l’aide à s’échapper après avoir poignardé le sultan.
Malheureusement, à son retour dans les îles, sa fiancée le croyant mort se suicide et lui-même met fin à ses jours. (source formalhaut)


La Battaglia di Legnano (La bataille de Legnano)

Opéra en 4 actes créé le 27 janvier 1849 au Teatro Argentina de Rome

Livret de Salvatore Cammarano, d'après la pièce de François Joseph Méry La bataille de Toulouse (1849)

Personnages :

  • Frédéric Barberousse : Basse
  • Premier consul de Milan : Basse
  • Second consul de Milan : Basse
  • Le podestat de Côme : Basse
  • Rolando, chef milanais : Baryton
  • Lida, sa femme : Soprano
  • Arrigo, guerrier de Vérone : Ténor
  • Marcovaldo, prisonnier allemand : Baryton
  • Imelda, servante de Lida : Mezzo-soprano
  • Un messager : Ténor
  • L'écuyer d'Arrigo : Ténor

Verdi doit une partition à l’éditeur Ricordi qui le prie de se rendre à Rome pour y mettre en scène le livret sur lequel planche Salvatore Cammarono.
Dans les derniers jours d’octobre, il reçoit le troisième acte de « La Battaglia di Legnano ». 
Il s’agit de la première victoire italienne de l’histoire sur un empereur allemand. Voilà qui va rallumer la foi de tous dans la renaissance nationale.
Le 15 novembre, le premier ministre Pellegrino Rossi est assassiné. Les démocrates prennent le pouvoir et des élections sont programmées pour 1849.

Verdi arrive début janvier 1849 à Rome, et le 27 a lieu la première de son opéra patriotique.
Impossible de trouver de places quand on sait que le peuple avait voulu assister de force à la répétition.
Dès le chœur d’ouverture les acclamations « Viva Verdi ! » éclatent dans un tumulte général.
Le 9 février, Mazzini participe à la proclamation de la république romaine.

A ce moment là, La Battaglia di Legnano est considéré comme l’un des opéras les plus puissants de Verdi.
Le compositeur quitte Rome immédiatement après la première représentation.


La Battaglia di Legnano

La trame de « La Battaglia di Legnano » se situe à Milan.
Le jeune Arrigo a échappé au siège de Suse (Piémont) par Barberousse. Sa fiancée, Lidia, le croyant mort, s’est mariée avec Rolando, son ancien compagnon d’armes.

Arrigo et Rolando, messagers de la Ligue Lombarde, n’arrivent pas à convaincre la ville de Côme de s’allier à eux contre l’Empereur, qui menace de détruire à nouveau Milan. Alors le jeune patriote, n’ayant en plus aucun espoir de retrouver son ancienne fiancée, se joint aux "Chevaliers de la Mort" chargés d’en finir avec Frédéric Ier.

Rolando découvre la relation entre Lidia et Arrigo, et, fou de rage, tente de déshonorer Arrigo en l’empêchant de partir. Il échoue. Quelques jours plus tard on apprend que Barberousse a été tué par un chevalier mortellement blessé : c’est Arrigo. (source fomalhaut)


Luisa Miller

Opéra en 3 actes créé le 8 décembre 1849 au théâtre San Carlo de Naples

Livret de Salvatore Cammarano, d'après le drame de Schiller Kabale und Liebe (Intrigue et amour) (1783)

Personnages :

  • Le comte Walter : Basse
  • Rodolfo, son fils : Ténor
  • Federica, duchesse d'Ostheim, nièce de Walter : Mezzo-soprano
  • Wurm, intendant de Walter : Basse
  • Miller, vieux soldat à la retraite : Baryton
  • Luisa, sa fille : Soprano
  • Laura, jeune villageoise  : Mezzo-soprano
  • Un paysan : Ténor


En 1847, Alexandre Dumas réécrit l'oeuvre ("Intrique et Amour") en privilégiant la dimension privée, et 2 ans plus tard Verdi élimine toute référence politique pour faire de "Luisa Miller" un mélodrame qui se déroule au Tyrol au milieu du XVIIIième siècle.

Luisa, jeune paysanne fille d'un vieux soldat aime Rodolpho, sans savoir qu’il est le fils du château. Le Comte Walter, le père du jeunehomme, souhaite le marier à la Duchesse Federica. Dans le même temps, Wurm aime (ou plutôt désire) Luisa en secret.

Quand Walter découvre la liaison de son fils, il fait enfermer Luisa et son Père. Wurm survient et propose à Luisa d’écrire une lettre reniant son amour puis de le suivre.
Elle accepte la suggestion, ce qui permet de libérer son père. Rodolphe prend connaissance de la lettre, retrouve Luisa, et, dégouté, la force à partager avec lui une coupe de poison.
Elle lui révèle alors la vérité. Furieux, il a le temps de tuer Wurm et ils meurent. (source fomalhaut)


 

Stiffelio

Opéra en 3 actes

Livret issu de la pièce française "Le Pasteur" d'Eugène Bourgeois"

Le livret sera modifie suite aux censures autrichienne et ecclésiastique. Le prêtre pardonnant à sa femme son adultère est remplacé par un ministre Allemand et l'église n'est plu.


Rigoletto

Opéra en 3 actes

Livret issu du livre "Le Roi s'amuse" de Victor Hugo

Le livret fut remanié à cause de la censure autrichienne qui ne peut tolérer de voir s'opposer un "bouffon" à un roi. Plusieurs adaptations furent envisagées et finalement disparait du titre toute source litigieuse causée par les injustices des hommes ou le destin.

L'oeuvre est un triomphe en Italie et en Europe. Mais la France ne pourra la connaître que 6 ans après à cause de l'opposition de Victor Hugo.


 Il trovatore (Le trouvère)

Opéra en 4 actes

Livret de Salvatore Cammarone puis à sa mort repris par Antonio Garcia Gutièrez.

Les années de la composition d'Il Trovatore furent douloureuses pour G.Verdi. Sa mère desceda, son amie Margherita Barezzi, peut apprécie de son village l'obligea à quitter Busseto. De retour en mai 1852, son père tombe malade et Salvatore Cammarone chargé de travailler sur le livret meurt.


La Traviata

Opéra en 3 actes

Livret adapté du livre d'Alexandre Dumas "La Dame aux Camélias" par Francesco Maria Piave.

Simon Boccanegra

Opéra en 3 actes


Aroldo (Harold)

Opéra en 4 actes


Un ballo in maschera (Un bal masqué)

Opéra en 3 actes

Livret de Somma

Le titre final de l'oeuvre fut enfin accepté après de nombreux refus de la part des autorités. D'abord Gustave III puis "La Vendetta in domino". Le Roi Gustave III est remplacé par Riccardo di Norwich et le titre de l'oeuvre changé en "Un Ballo in maschera".


La forza del destino (La force du destin)

Opéra en 4 actes


Don Carlos Opéra

Opéra en 5 actes


Re Lear (Le roi Lear)  

Opéra en 4 actes


Aïda

Opéra en 4 acte


Otello (Othello)

Opéra en 4 acte


Falstaff

Opéra en 3 actes



De michel962 le 2013-03-03 17:31:45.

je manque de formation musicale , et je suis vraiment en admiration devant ce grand musicien